📝EN BREF

  • Le cancer de la peau touche un Américain sur cinq, les formes non mélanocytaires, telles que les carcinomes basocellulaires et épidermoïdes, représentant la majorité des cas. La niacinamide, une forme de vitamine B3, exerce un puissant effet préventif
  • Une étude récente publiée dans le « JAMA Dermatology » a associé l'usage de la niacinamide à une baisse de 14 % du risque global de développer d'autres cancers cutanés non mélanocytaires : Le bénéfice le plus important étant observé après le premier diagnostic de cancer
  • Des recherches antérieures ont démontré que la prise de 500 milligrammes de niacinamide deux fois par jour réduisait de 23 % les nouveaux cancers cutanés non mélanocytaires : Les lésions précancéreuses diminuant quant à elles jusqu'à 15 %
  • La niacinamide protège votre peau en restaurant les niveaux de NAD+ nécessaires à la réparation de l'ADN, en réduisant l'inflammation, en soutenant les défenses immunitaires et en renforçant la barrière cutanée : Cette dernière maintient l'hydratation et la résilience face aux agressions environnementales
  • Pour une utilisation à long terme, des doses quotidiennes plus faibles de 50 milligrammes, trois fois par jour, sont sûres et viables. Associer la niacinamide à des habitudes d'exposition solaire raisonnables et à une bonne nutrition renforce naturellement les défenses de la peau

🩺Par le Dr. Mercola

Le cancer de la peau est l'un des cancers les plus fréquents à l'échelle mondiale. Aux États-Unis, on estime qu'un Américain sur cinq développera un cancer de la peau au cours de sa vie, et environ 9 500 personnes reçoivent un diagnostic chaque jour. La vaste majorité de ces cas concerne des cancers cutanés non mélanocytaires, qui incluent le carcinome basocellulaire (CBC) et le carcinome épidermoïde (CE).

L'incidence des cancers cutanés non mélanocytaires est estimée être 18 à 20 fois supérieure à celle du mélanome. Bien qu'ils soient souvent traitables lorsqu'ils sont détectés tôt, la récidive est fréquente et demeure une préoccupation majeure. Cela a conduit les chercheurs à explorer de meilleures méthodes pour prévenir les cas futurs : Un composé recommandé par les dermatologues est la niacinamide, une forme de vitamine B3.

Qu'est-ce que la niacinamide et comment protège-t-elle votre peau ?

La niacinamide est l'une des deux formes principales de vitamine B3. L'autre est la niacine, ou acide nicotinique, connue pour provoquer des rougeurs dues à la libération d'histamine. La niacinamide ne produit pas cet effet, ce qui la rend plus facile à tolérer et adaptée à un usage prolongé. On l'appelait autrefois nicotinamide, mais le terme niacinamide est aujourd'hui privilégié pour éviter toute confusion avec la nicotine, un composé totalement différent.

• La niacinamide soutient la peau au niveau cellulaire : Celle-ci restaure une molécule vitale appelée nicotinamide adénine dinucléotide (NAD+), un coenzyme indispensable à chaque cellule pour la production d'énergie, la réparation de l'ADN, le contrôle de l'inflammation et la santé mitochondriale.

Lorsque l'exposition prolongée aux UV, le stress oxydatif ou le vieillissement épuisent les niveaux de NAD+, les cellules cutanées perdent l'énergie nécessaire au maintien des processus de réparation normaux. La niacinamide reconstitue ces réserves, maintenant les systèmes de réparation de votre peau actifs et résilients.

• Au cœur de vos cellules, la niacinamide participe à la voie de récupération du NAD+ : Lorsque le NAD+ se décompose au cours de l'activité métabolique normale, il forme de la niacinamide, que le corps recycle en la convertissant en nicotinamide mononucléotide (NMN), puis à nouveau en NAD+. Ce cycle permet à vos cellules de maintenir la production d'énergie et la réparation de l'ADN sans interruption, garantissant que les enzymes de réparation et les systèmes antioxydants disposent toujours des ressources nécessaires.

• Le NAD+ alimente des enzymes clés de réparation de l'ADN : Il s'agit notamment de la poly (ADP-ribose) polymérase (PARP) et des sirtuines, qui identifient et réparent les ruptures des brins d'ADN. Lorsque les taux de NAD+ chutent, ces enzymes ne peuvent plus fonctionner efficacement, entraînant une accumulation d'ADN endommagé. En maintenant la disponibilité du NAD+, la niacinamide assure l'efficacité de ces enzymes et soutient la stabilité génétique de vos cellules cutanées.

• La niacinamide renforce également les défenses structurelles de votre peau : Elle stimule la production de céramides, consolidant la barrière qui retient l'humidité et protège contre les agressions extérieures. En raison de ces effets, les dermatologues utilisent la niacinamide depuis des décennies, sous formes topique et orale, pour traiter l'acné, la rosacée, l'hyperpigmentation et le photo-vieillissement.

• L'influence de la niacinamide s'étend bien au-delà de la santé cutanée : Des études cliniques ont montré des bénéfices dans des pathologies liées au stress métabolique, à l'inflammation et au dysfonctionnement mitochondrial, notamment la neurodégénérescence, le glaucome, la douleur chronique, le stress, et même les dommages oxydatifs liés à une consommation excessive d'acide linoléique (AL) .

Pour en savoir plus sur la manière dont la niacinamide soutient non seulement la santé de la peau mais aussi la résilience globale de votre corps, lisez « Ce que vous pouvez prendre dès aujourd’hui pour réduire votre risque de cancer »

De nouvelles preuves renforcent le rôle de la niacinamide dans la prévention du cancer de la peau

Les preuves confirmant le rôle protecteur de la niacinamide contre le cancer de la peau étaient jusqu'alors limitées, car sa disponibilité en vente libre signifie que la plupart des utilisations ne sont pas enregistrées dans les bases de données médicales. C'est pourquoi des chercheurs ont mené une étude de cohorte rétrospective à grande échelle publiée dans le « JAMA Dermatology », s'appuyant sur les données de l'entrepôt de données de l'administration des anciens combattants (VA) pour examiner si l'usage de niacinamide entraînait une réduction du risque de nouveaux cancers cutanés.

• Méthodologie de l'étude : L'équipe de recherche a analysé les données de 33 822 vétérans entre 1999 et 2024. Ils ont identifié les patients ayant reçu des prescriptions de 500 milligrammes (mg) de nicotinamide par voie orale deux fois par jour pendant plus de 30 jours, et les ont comparés à des témoins appariés n'ayant pas reçu le supplément.

Au total, 12 287 utilisateurs de niacinamide ont été comparés à 21 479 non-utilisateurs selon des critères tels que l'âge, le sexe, les antécédents de cancer de la peau et l'utilisation d'autres traitements dermatologiques. Le critère d'évaluation principal était le délai avant le prochain diagnostic de CBC ou de CE cutané (CEc).

• L'usage de niacinamide a réduit le risque global de cancer de la peau : Sur l'ensemble de la population étudiée, l'utilisation de niacinamide a été associée à un risque global de développer un cancer de la peau inférieur de 14 %. Le bénéfice était plus marqué lorsque la supplémentation débutait après le premier diagnostic de cancer de la peau, entraînant une réduction de 54 % des nouveaux cas.

Cependant, cet effet préventif s'estompe lorsque le traitement est commencé après l'apparition de multiples cancers antérieurs. L'incidence des CBC et des CEc a diminué, la réduction de risque la plus forte ayant été observée pour le CEc.

• Résultats chez les patients immunodéprimés : L'étude a également évalué un sous-groupe de 1 334 patients immunodéprimés à la suite de transplantations d'organes. Parmi ces receveurs de greffe, aucune réduction significative globale du risque de cancer n'a été observée. Toutefois, une utilisation précoce de niacinamide après le premier diagnostic de cancer a été liée à un nombre réduit de cas de CEc, soulignant l'importance du facteur temps dans son efficacité.

• L'usage précoce de la niacinamide pourrait redéfinir les soins préventifs : Selon l'auteur principal de l'étude, le Dr Lee Wheless, professeur adjoint de dermatologie et de médecine au centre médical de l'université Vanderbilt :

« Il n'existe aucune directive concernant le moment opportun pour débuter un traitement à la nicotinamide en prévention du cancer de la peau dans la population générale». « Ces résultats devraient réellement faire évoluer notre pratique : Plutôt que de commencer le traitement une fois que les patients ont développé de nombreux cancers, nous devrions intervenir plus tôt». « Nous devons encore affiner l'identification de ceux qui en bénéficieront réellement, car environ la moitié seulement des patients développeront des cancers cutanés multiples ».

Cette analyse en conditions réelles s'appuie sur des essais randomisés antérieurs en confirmant que la niacinamide est associée à un risque plus faible de cancer cutané non mélanocytaire au sein d'une population vaste et diversifiée.

Les premières preuves cliniques de l'effet protecteur de la niacinamide

Le rôle protecteur de la niacinamide dans la prévention du cancer de la peau a été confirmé pour la première fois lors d'un essai humain contrôlé publié dans le « New England Journal of Medicine » en 2015. L'étude, connue sous le nom d'essai ONTRAC (Oral Nicotinamide to Reduce Actinic Cancer) et menée par des chercheurs de l'université de Sydney, a démontré qu'un simple supplément oral pouvait réduire la récurrence des cancers cutanés courants chez les patients à haut risque.

• Méthodologie et participants : L'essai ONTRAC portait sur 386 adultes âgés de 30 à 91 ans ayant développé au moins deux cancers cutanés non mélanocytaires au cours des cinq dernières années. Les participants ont été répartis de manière aléatoire pour recevoir soit 500 mg de nicotinamide deux fois par jour, soit un placebo pendant 12 mois, avec des évaluations dermatologiques tous les trois mois.

• Résultats obtenus : Après un an de supplémentation, les participants prenant du nicotinamide présentaient 23 % de nouveaux carcinomes basocellulaires et épidermoïdes en moins que ceux sous placebo. Le supplément a également réduit les kératoses actiniques, des lésions précancéreuses annonciatrices d'un risque futur de cancer, de 11 % après trois mois et de 15 % après 12 mois.

• Innocuité confirmée dans tous les groupes : La niacinamide a été très bien tolérée, sans effets secondaires notables. Contrairement à la niacine, elle n'a provoqué ni rougeurs, ni maux de tête, ni augmentation de la pression artérielle, et aucun participant n'a interrompu le traitement en raison d'effets indésirables. Son profil de sécurité exemplaire en fait une option idéale pour les personnes âgées ou celles prenant plusieurs médicaments.

• Pourquoi ces résultats sont cruciaux pour les patients à haut risque : L'investigatrice principale Diona Damian, MBBS, Ph.D., a décrit la niacinamide comme « une nouvelle opportunité pour la prévention du cancer de la peau », soulignant qu'elle est sûre, peu coûteuse et immédiatement accessible pour les personnes les plus exposées au risque de récidive.

Appuyant cette vision, le Dr Peter Paul Yu, alors président de la Société américaine d'oncologie clinique, a qualifié ces résultats de « moyen remarquablement simple et peu coûteux d'aider les gens à éviter des diagnostics répétés de certains des cancers de la peau les plus courants ».

Cet essai a posé les fondements de la recherche sur la niacinamide et la prévention du cancer cutané. Une enquête menée en 2021 a révélé que près de 77 % des dermatologues pratiquant la chirurgie du cancer de la peau recommandent désormais la niacinamide par voie orale. Découvrez-en plus sur le rôle protecteur de ce composé dans « Ce que vous pouvez prendre dès aujourd’hui pour réduire votre risque de cancer ».

Comment prendre un supplément de niacinamide

Bien que les études cliniques aient montré que des doses élevées peuvent donner des résultats thérapeutiques dans des traitements ciblés, ces niveaux ne sont pas destinés à un usage courant. Pour un soutien cellulaire et une santé durable, des quantités plus faibles prises régulièrement sont plus sûres et préférables.

• Prenez de petites doses réparties uniformément tout au long de la journée : Pour une santé optimale, je recommande de prendre 50 milligrammes de niacinamide trois fois par jour. Vous pouvez également la prendre quatre fois par jour si vous espacez les prises de manière régulière. Prenez une dose au lever, une autre au coucher, et deux autres réparties uniformément entre ces deux moments.

• Les doses élevées peuvent provoquer des effets indésirables : Le problème d'un apport excessif en vitamine B3, que ce soit sous forme de niacine ou de niacinamide, est qu'il peut s'avérer contre-productif et contribuer aux maladies cardiovasculaires ainsi qu'à d'autres effets secondaires. Parmi les autres effets potentiels des doses élevées, on note des nausées, des vomissements, des maux de tête, des vertiges et de la fatigue.

• Assurez-vous de consommer toutes les autres vitamines B : Votre corps dépend du spectre complet des vitamines B pour maintenir une santé optimale, en particulier la niacine classique, la riboflavine (B2), les folates (B9) et la pyridoxine (B6).

La vitamine B3 se trouve dans le bœuf nourri à l'herbe, le foie, le saumon sauvage d'Alaska et les bananes : Tandis que la vitamine B6 abonde dans le bœuf nourri à l'herbe, les pommes de terre et les bananes. Quant aux folates, vous pouvez les puiser dans les épinards, le brocoli et les asperges. Parallèlement, les aliments riches en vitamine B12 incluent le foie de bœuf nourri à l'herbe, la truite arc-en-ciel sauvage et le saumon sockeye sauvage.

5 stratégies supplémentaires pour protéger la santé de votre peau

Si la niacinamide joue un rôle clé dans le maintien d'une peau saine, elle est plus efficace lorsqu'elle s'intègre dans une approche globale. Vos choix de vie quotidiens façonnent la manière dont votre peau se répare, se régénère et se défend. Les stratégies suivantes complètent les effets protecteurs de la niacinamide et aident à réduire votre risque de cancer cutané tout en soutenant la vitalité de la peau sur le long terme :

1. Optimisez vos taux de vitamine D : La vitamine D active des récepteurs qui régulent la croissance, la réparation et la communication de vos cellules : Ce qui aide à réduire le risque de cancer en limitant les dommages à l'ADN, en améliorant la surveillance immunitaire et en favorisant une différenciation cellulaire normale.

Une étude de l'université de Finlande orientale a révélé que les individus prenant régulièrement de la vitamine D présentaient un risque de mélanome inférieur de près de 50 %, même chez ceux ayant des types de peau à haut risque. Maintenir des taux de vitamine D entre 60 et 80 ng/mL (150 à 200 nmol/L) offre la protection la plus robuste.

Bien que de nombreuses études déconseillent l'exposition au soleil, la lumière naturelle est la source de vitamine D la plus efficace pour votre corps. La clé est de profiter du soleil de manière à protéger votre peau contre les brûlures. Des gestes simples avant et pendant l'exposition peuvent faire toute la différence. Pour des conseils pratiques sur la sécurité solaire, lisez « Cette vitamine pourrait être votre meilleure protection contre le cancer de la peau ».

2. Nourrissez votre peau de l'intérieur : Les aliments riches en antioxydants sont particulièrement précieux car ils neutralisent les radicaux libres nocifs. Privilégiez les fruits et légumes riches en caroténoïdes tels que les carottes, les patates douces, les tomates et les légumes à feuilles vertes. Ces pigments s'accumulent dans votre peau, où ils agissent comme un bouclier naturel contre les dommages oxydatifs.

Les vitamines C et E sont tout aussi importantes et travaillent de concert pour préserver l'intégrité cutanée. La vitamine C stimule la synthèse du collagène, accélère la réparation des tissus et maintient la structure conjonctive qui assure la fermeté et la résilience de votre peau. Les bonnes sources incluent les poivrons, les agrumes, les fraises et le brocoli.

La vitamine E protège les membranes cellulaires de la peroxydation lipidique, une réaction qui fragilise la barrière lipidique de la peau et accélère le vieillissement visible. Les œufs de poules élevées en plein air, le foie de bœuf nourri à l'herbe, le poisson sauvage et les légumes à feuilles vertes fournissent des quantités abondantes de cette vitamine.

3. Améliorez votre sommeil et votre rythme circadien pour stimuler la réparation cutanée : Votre peau suit un rythme quotidien de réparation et de renouvellement qui atteint son apogée pendant le sommeil. La recherche montre que la perturbation chronique du rythme circadien affaiblit non seulement la barrière cutanée, mais augmente aussi le risque de formation de tumeurs en altérant les gènes horloges qui régulent la division cellulaire et la stabilité de l'ADN.

Visez un sommeil suffisant et de qualité chaque nuit en instaurant une routine de coucher régulière, en limitant l'exposition à la lumière bleue le soir et en vous exposant à la lumière naturelle du matin pour réinitialiser votre horloge biologique. Garder votre chambre fraîche, sombre et silencieuse favorise également un repos profond, laissant à votre peau le temps nécessaire pour se réparer durant la nuit.

4. Pratiquez une activité physique régulière : Une étude sur le mélanome montre que l'activité physique régulière peut ralentir la croissance tumorale et renforcer la surveillance immunitaire. Les chercheurs ont également découvert que l'exercice stimule l'activité des cellules tueuses naturelles (Natural Killer), améliore le flux sanguin vers les tissus cutanés et réduit les signaux inflammatoires liés à la progression tumorale.

Nul besoin d'entraînements intensifs pour en tirer profit. Des mouvements réguliers et modérés comme la marche, les étirements ou des exercices de résistance légère suffisent. Une activité constante aide aussi à équilibrer la glycémie et les hormones, qui jouent un rôle direct dans le maintien d'une peau saine et résiliente.

5. Faites preuve de discernement concernant les écrans solaires : Les dermatologues recommandent souvent l'usage quotidien de crème solaire, mais de nombreux produits sur le marché contiennent des substances chimiques pouvant nuire à votre santé et à l'environnement : Notamment l'oxybenzone, l'octinoxate, l'homosalate et l'octocrylene.

Si vous choisissez d'utiliser une protection solaire, privilégiez l'oxyde de zinc ou le dioxyde de titane et assurez-vous qu'ils ne sont pas sous forme de nanoparticules. Les lotions ou crèmes à l'oxyde de zinc offrent la protection la plus stable et la plus large contre les UVA et UVB, le dioxyde de titane constituant une bonne alternative.

Évitez les produits à SPF élevé (supérieur à 50), qui créent souvent un faux sentiment de sécurité et n'offrent pas une protection significativement meilleure. Le SPF mesure uniquement la défense contre les UVB, et non contre les UVA, qui causent le plus de dommages cutanés et de vieillissement. En fin de compte, l'écran solaire ne devrait pas être votre première ligne de défense. L'approche la plus saine demeure une exposition solaire sûre et raisonnée.